De l’obstination de l’ESSEC et de son directeur général, Président de la FESIC, Président de la Conférence des Grandes Ecoles.
Par André MARTIN le 14 juin 2010, - FESIC - Lien permanent
En septembre 2007, en réaction au licenciement par l’ESSEC d’enseignants
de langues, j’avais posté l’article suivant sur un blog créé quelques mois
auparavant :

Quelques jours après la mise en ligne de ce texte, l’hébergeur coupait
l’accès au blog et, fin décembre 2007, l’Association Groupe ESSEC et son
directeur général déposaient une plainte pour diffamation publique avec
constitution de partie civile.
Le jugement du tribunal correctionnel de Paris rendu le 23 octobre 2009
m’a relaxé et a débouté les parties civiles de leurs demandes (5000 euros
de frais d’avocats, 5000 euros HT pour 3 publications judiciaires, 1 euro de
dommage et intérêts) :

Toutefois, n’ayant pas, dans ma défense, clairement distingué les 2 faits
qualifiés de diffamatoires - « fausses attestations » et rappel de la «
convocation devant le tribunal de Pontoise » - je n’ai pas été admis au droit
de faire la preuve de leur vérité. Sur la base des pièces déposées, le tribunal
a cependant motivé le jugement de relaxe comme suit :

On pouvait alors penser que l’Association Groupe ESSEC et Pierre Tapie en
resteraient là d’autant plus que, entre temps, la Cour d’Appel de Versailles
avait confirmé que les enseignants étaient bien en CDI au moment du
licenciement. Mais non, ils ont fait appel et je suis à nouveau convoqué au
tribunal le 24 juin 2010 à 13h30, les parties civiles continuant à demander des
dommages et intérêts.
Le ministère public n’ayant pas fait appel, la relaxe est définitive mais
comme le rappelle la Cour de Cassation dans divers arrêts, les juges d’appel
sont cependant «tenus, au regard de l'action civile, de rechercher si les
faits qui leur sont déférés constituent une infraction pénale et de se
prononcer en conséquence sur les demandes de réparation de la partie
civile».
Il faut, bien entendu, laisser aller le cours de la justice mais l’examen
juridique de la situation permet d’émettre l’hypothèse que les parties civiles
ont vraiment très peu de chance d’obtenir gain de cause. Il faudrait
démontrer que, contrairement à ce qu'ont retenu les premiers juges et
contrairement aux réquisitions du ministère public qui a demandé la relaxe,
l’infraction était bien constituée c'est-à-dire qu’il y a bien eu
diffamation.
Il est donc permis de s’interroger sur qui, au niveau de l'ESSEC, a pris
la décision de faire appel et dans quel but. Les membres du Directoire, de
l’Association Groupe ESSEC, le président du Conseil de Surveillance ont-ils
bien eu communication de tous les éléments pour apprécier la pertinence d’un
tel appel ?
Alors que toutes les grandes écoles n’ont de cesse de faire référence à la
responsabilité sociale des entreprises et à la formation de dirigeants
conscients des enjeux sociaux, il est étonnant de voir Pierre Tapie, directeur
général du Groupe ESSEC, par ailleurs Président de la FESIC et de la Conférence
des Grandes Ecoles, maintenir ce recours contre un délégué syndical qui n’a
exposé que la réalité des faits : l’ESSEC a licencié des salariés
sans respecter la procédure prévue par le Code du Travail et en portant une
indication fausse sur les attestations ASSEDIC.
** En novembre 2007, le tribunal correctionnel de
Pontoise prononçait la relaxe de Pierre Tapie notamment parce qu’il ne pouvait
« déterminer avec certitude que des contrats à durée déterminée ont
été conclus entre le groupe "ESSEC" et les enseignants "vacataires" cités dans
le rapport de l'inspection du travail n°39/2002 »
Suite au
jugement de la Cour d’Appel de Versailles, des pourvois en Cassation ont
été effectués par l’ESSEC et plusieurs enseignants. La Cour de Cassation a
examiné l’affaire début mai et nous devrions connaître la décision d’ici fin
juin.
André Martin
Délégué syndical CGT