Cependant, le pourvoi de 5 enseignants sur la question du statut cadre a également été rejeté par la Cour de Cassation, celle-ci estimant que la Cour d’Appel  avait correctement interprété la convention collective sur ce point. 

Il faut aussi rappeler que les enseignants ont payé très cher puisque plusieurs d'entre eux ont été licenciés de façon brutale, à l’automne 2007, sans aucun respect des procédures prévues par le Code du Travail, suite à leur refus de signer un CDI intermittent (lire à ce propos). La Cour d’Appel avait bien évidemment jugé leur licenciement sans cause réelle et sérieuse et accordé des indemnités mais ce fut une maigre réparation pour celles et ceux qui depuis parfois plus de 20 ans avaient à cœur de bien faire leur métier et étaient très attachés au public étudiant de l'ESSEC.  

Cet arrêt de la Cour de Cassation doit être un encouragement pour tous les enseignants qui interviennent dans le supérieur privé. Il y a encore du chemin à faire pour établir une convention collective gommant réellement toutes les différences de traitement totalement injustifiées entre d’un côté les enseignants dits « permanents » et les salariés administratifs et de l’autre les chargés d’enseignement (naguère appelés « vacataires »). 

Pourquoi un enseignant dispensant des cours sur l’ensemble de l’année, parfois avec un volume horaire très important, ne pourrait pas avoir un contrat de travail normal, c’est-à-dire un CDI, et bénéficier des mêmes droits que les autres salariés (mutuelle, prévoyance, augmentations générales, classification, etc.) ? 

Encore aujourd’hui des écoles de la FESIC tentent d’imposer un CDI intermittent à des enseignants en CDI (ESSCA, HEI, EFREI ...), continuent à maintenir les enseignants dans la précarité à travers des CDD d’usage successifs considérant qu’elles peuvent mettre fin à tout moment à la relation de travail (ISC Paris, ...), proposent des contrats de formateurs occasionnels à des intervenants effectuant bien plus de 30 jours d’intervention dans l’année (ECAM Lyon, ISC Paris) ou encore considèrent qu’il est normal de proposer un CDD pendant un an ou deux et ensuite un CDI intermittent (ESSEC et bien d’autres) assimilant ces CDD à des périodes d’essai. 

Faire face à ces situations injustes n’est pas facile pour les enseignants qui bien souvent risquent de perdre leur emploi. Mais laisser faire entraîne une dégradation des conditions de travail encore plus grande. La solution est de s’organiser à travers les syndicats, de créer des collectifs d’enseignants dans chaque école, de se présenter aux élections de représentants du personnel, d’étudier les possibilités d’action juridique, ... Pour leur part, les militants CGT sont prêts à répondre à vos demandes et à aider à cette indispensable organisation.

l'arrêt complet de la Cour de Cassation